Un nouveau basculement [6-11-2024]

Normandie – 6/11/2024

C’est donc ce que nous sommes, ce que nous avons décidé pour le futur, un criminel, reconnu, condamné par la justice, est (re)devenu le chef du monde libre.

Moi qui pensais me réveiller devant une nouvelle page d’histoire pleines d’espoirs, d’une femme présidente des Etats-Unis, la première, mais encore une fois – l’Histoire se répète, j’ai coutume de le dire ici, je n’ai rien inventé mais ce n’est on ne peut plus vrai – je me lève pour voir que l’humanité en a décidé autrement.

Pas une femme hautement qualifiée, charismatique, capable, non, toujours pas. L’Amérique, qui me fascine, en a décidé autrement, elle déçoit, cette Amérique, encore. Je ne comprends pas comment l’on ait pu « hésiter » entre ces deux candidats. Pourquoi les Américains acceptent-ils, et veulent, un personnage des plus abjects à sa tête ? Faut-il laisser l’Amérique de côté ? En tant qu’Européen, je pense qu’il faut que l’Europe soit plus unie que jamais, donc forte. Qu’elle soit la puissance mondiale qu’elle est supposée être. Et laissez les Américains dans leur coin le temps que leur crise s’arrête.

C’est que j’ai l’impression que nous sommes entrés dans une autre dimension depuis quelques années. La fiction a maintes fois dépassé la réalité.

Jon Stewart a délivré un discours d’espoir, voyant la défaite de Kamala Harris devenir inévitable. Devant son discours émouvant, j’ai compris, qu’une fois encore il va falloir continuer à se battre. Pour que les femmes soient libres de faire ce qu’elles veulent de leurs corps, pour que nous réduisions notre impact dévastateur sur l’environnement, pour que nous ne cédions pas à la haine, ni à la peur. Il va falloir être courageux, et solide, face au racisme, à la xénophobie, l’homophobie, transphobie et j’en passe.

Nous arrivons bel et bien devant un carrefour, chacun va devoir choisir son chemin, son camp. Même moi, le nihiliste en herbe. Je suis moi-même à ma propre croisée des chemins. Comme mes héros littéraires, je compte bien mettre la plume là où ça fait mal.

L’éternel pessimiste que je suis ne va pas m’empêcher de me battre pour ce en quoi je crois. C’est dans les crises que je préfère sortir de ma coquille, pas quand tout va bien. J’aime la difficulté, car elle pousse à nous dépasser, à se confronter à soi-même autant qu’aux autres.

Je pense souvent à l’enfant que je n’aurai sûrement jamais, et quel monde je lui laisserais si je venais à partir. Je veux pouvoir me regarder dans la glace, et me dire que je n’ai pas laissé la bigoterie et la haine nous envahir.

Nous ne contrôlons pratiquement rien, nous voyons le mur, nous voyons que l’impact est imminent, mais, il y a une lutte, entre ceux qui pensent que ce mur nous détruira, et ceux qui pensent que ce mur n’est qu’une illusion. Mais quand les grands penseurs, les grands scientifiques de notre epoque, et même ceux d’avant, nous disent que le mur est réel, certains préfèrent écouter des illuminés, qui, sans preuve, aucune, utilisant la haine et la peur de l’autre, ont réussi à persuader monsieur et madame tout-le-monde que ce mur, ce n’est qu’une illusion.

Les freins ont été desserrés, nous fonçons à pleine vitesse dans ce mur. C’est là, qu’il va falloir trouver les moyens, des systèmes, pour ralentir, au minimum.

C’est une époque, comme tant d’autres , où il va falloir choisir son camp. Il n’y a plus de place pour attendre et observer, car c’est nous, le monde entier, qui sommes lancés à pleine vitesse contre ce mur. Et, pour moi, ce mur est on ne peut plus réel.

Les ceintures de sécurité ne seront d’aucune aide.

Jaskiers

Là où les oiseaux voleront

À Shannon,
À Emmanuelle,
Merci, et désolé.

Il y a ces moments suspendus dans le temps, où, avec l’ambiance adéquate, les bonnes musiques, écrire est la seule chose qui vous appelle.

C’est en planant sur la bande son de Dune, créée par l’inégalable Hans Zimmer, qu’une image, une scène me vient en tête.

Un natif américain, un vieil homme, à la peau ridée, abîmé par le soleil, parcheminée par le temps, est là, avec moi, quelque part sur un des rochers du Grand Canyon.

Le ciel indique la nuit, même si de la lumière se répand dans le canyon. C’est l’aube, peut-être. Il fait légèrement frais, un petit vent agréable passe sur notre peau, rentrant dans les pores. Cette fraîcheur, on aurait l’impression qu’elle nous purifie.

Je regarde cet homme, je suis fasciné. Nous ne pouvons pas vraiment communiquer par les mots. J’ai l’impression qu’il refuse de les utiliser. Comme si l’expérience que nous vivions ne devait en aucun cas déclencher la chimie implacable du cerveau gauche.

Il met un doigt sur sa bouche, pour me signifier de ne pas faire de bruit.

Nous voyons la Voie lactée, aucune pollution lumineuse ici. On pourrait croire que l’environnement est éclairé par le scintillement de ces milliers d’étoiles.

C’est un silence complet qui nous entoure.

Après quelques secondes à regarder ce spectacle céleste, il lève son bras, et pointe son doigt. Il fait un mouvement ample. Je vois cet oiseau. Je ne saurais dire si c’est un aigle, ou un énorme corbeau, mais il est majestueux. C’est une ombre, nous le voyons à contreplongée, nous voyons sa silhouette effacer les étoiles pendant quelques secondes, nous observons chaque battement d’ailes.

Le natif américain me regarde, me sourit. J’ai comme l’impression qu’il a réussi quelque chose, quelque chose d’important, pour moi.

La « vision » s’arrête là mais je la rejoue en boucle dans ma tête. Je sens une sérénité. Et je pense que je dois décoder ce message moi-même. Il y a un sens, voir plusieurs, mais j’ai l’impression que je peux interpréter cette scène, la décrypter, sans contrainte, sans peur.

Pour l’instant, je crois être arrivé à un moment important de ma vie. Et c’est moi, moi seul qui a décidé que les prochains temps devront être importants pour moi.

Parfois, j’ai honte, j’ai peur de le dire, – donc je l’écris mais peut-être pas le publier… – mais j’aimerais que mes jours soient comptés. Qu’enfin, je me libère de mes chaînes, car, nous n’emporterons rien dans nos tombes, nous laissons seulement des souvenirs pour nos proches, quelques biens matériels, peut-être, mais quelles valeurs ont-ils, ces biens, face à la mort ?

Soit, j’avance selon mes propres termes, à mes risques et périls, – qu’ai-je à perdre ? – soit je continue à moisir dans ma médiocrité, je me contente de vivre ma vie, dans une zone de confort trop confortable, à me détester moi-même car les regrets continueraient à me bouffer.

Et je n’arrive pas à croire que j’ai atteint les 30 ans. J’en ai presque honte.

Mon père est mort relativement jeune, à 58 ans, il était rongé par les regrets, des traumas dont il n’a jamais osé parler. Mon frère est mort très jeune, 18 ans. Je ne pense pas qu’il soit parti avec des regrets, il n’était pas du genre à en avoir, car il vivait sa vie et l’appréciait à chaque minute. Et, à 18 ans, je ne pense pas qu’il ait eu le temps d’en avoir beaucoup. Mais parfois, ce n’est pas le nombre, mais la sévérité qui prime, surtout en matière de regrets.

Je ne veux pas vieillir avec des regrets. Je ne veux pas vieillir tout court, mais ça, c’est immuable. Cependant, j’aimerais vivre, même si ce n’était question que d’une poignée d’années, intensément, follement, en dehors des carcans.

Je ne suis pas homme à marié, sûrement pas fait pour être père, mais l’avenir est pleins de surprises, je ne dirai pas « jamais » à ces choses-là, même s’il fut un temps, pas si lointain que ça, où le mariage et la paternité n’étaient même pas quelque chose à effleurer.

Mais ce que je veux, c’est vivre, enfin. Libre. Avec mes mots, écrire. Je ne veux pas la richesse, même si ça aide, je veux surtout vivre, faire ces expériences, prendre des risques, aimer, réapprendre à aimer… non pas apprendre à vivre, mais découvrir précisément comment je veux vivre.

J’ai attendu, comme dans la chanson « Disorder » de Joy Division, qu’un guide, remplaçant mon frère, me prenne par la main.

Mais, ce guide, il n’est pas là. Ce guide, ce ne peut être que moi. Je le réalise. Je m’y confronte. Il faut que je compte sur moi seul.

Le temps – notre pire ennemi, ou notre plus grand allié, je ne saurai dire. Les deux à la fois – presse.

Mais je ne veux pas quitter cette planète avec plus de regrets.

Il faut un commencement à tout. Et le hasard veut que j’écris ces lignes sur une musique de Hans Zimmer « Beginnings Are Such A Delicate Times » – les débuts sont toujours les moments les plus délicats.

Dois-je attendre un signe de ce « début » ? Je ne le crois pas, j’aimerais, cela me donnerait moins d’efforts à faire. C’est à moi de le provoquer, ce début.

Qu’il vienne par lui-même s’il le veut, mais il risque de ne pas me trouver, car, d’ici là, j’aurai sûrement commencé mon périple.

Jaskiers

Mea Culpa à l’écriture

L’envie, la passion, la curiosité insatiable d’apprendre, de créer, me sont revenus… après plus d’un an de sécheresse et de remise en question.

Peut-être avais-je besoin de me perdre pour mieux me retrouver, ou plutôt, pour retrouver le goût d’écrire et de lire.

Beaucoup de choses se sont passées, choses que je ne peux étaler sur mon blog, pour l’instant. Enfin, il se pourrait, mais sous forme de fiction. Autant utilisez les traumas pour mon Art, car, pour moi, l’écriture est un Art, n’en déplaise à certains. Je ne comprends pas comment l’on peut se demander si écrire est un art. Évidemment. Ceux qui se le demandent n’ont jamais essayé d’étaler leurs tripes sur une page blanche.

Je n’ai pas honte de le dire, je me vois comme un artiste avant tout. Cela peut sembler présomptueux, mais s’il y a une bataille que je mènerai jusqu’au bout, se serait de qualifier l’écriture, sous toutes ses formes, d’Art avant tout. Je rigole intérieurement quand j’entends le mot « intellectuel » pour qualifier les écrivains. Arrêtez un peu. Chaque Art demande des connaissances. Intellectuel, ça ne veut rien dire. Je trouve que c’est pompeux, même. (Mon Dieu, je suis vieux, je commence à être aigri !)

Une chose que je peux vous dire, j’en ai mal au cœur, mais il y a pire dans la vie ; tous mes livres ont « disparu », je ne peux en dire plus. Mon immense pile à lire n’est plus, contre mon gré. J’en ai mal au cœur. Des centaines et centaines de livres, Hemingway, Carl Jung, Stefan Zweig, F. Scott Fitzgerald, Nietzsche, Jack Kerouac, l’intégral des œuvres de Philip K. Dick, et j’en passe, énormément, ne sont plus là.
Je n’ai pas eu le temps de tous les lire, peut-être n’en aurais-je jamais eu le temps… mais quand même. La littérature a été mon pilier pendant des années, sans elle, je ne sais pas si je serais encore là, à écrire. Je n’aurais pas rencontré les merveilleuses personnes avec qui j’échange aujourd’hui. Je n’aurais pas eu ce blog qui m’a soutenu (enfin, je parle de vous là, cher(e)s lectrices et lecteurs) durant ces longs mois difficiles.

J’espère que les personnes qui profiteront de mes livres sauront en prendre soin… mon cœur pleure, en silence (ça pleure dans les chaumières ?), ils me manquent. Le simple fait de regarder cet immense tas de livres, à l’époque, suffisait à calmer mon anxiété, à éloigner ma dépression. « Il y aura des réponses à tes questions là-dedans, Jaskiers, et au pire, je pourrai m’évader dans des mondes, des histoires, des pensées, des pays, des points de vue aussi divers et variés que possible. » Maintenant, mes chers amis ne sont plus là. Jamais je ne pourrai remplir le vide qu’ils ont laissé, même si j’en avais les moyens. Je suis assez possessif, et je l’avoue, matérialiste.

Cette « collection »  de livres auraient été mon héritage.

Les objets, et les livres par-dessus tous, ont de la valeur sentimentale, pour moi. Je relativise, il n’y a pas mort d’homme, il y a beaucoup plus grave dans la vie. Mais quand même… ainsi va la vie.

Je ne saurais dire si le pire est passé pour moi. Je ne préfère pas parler de ma santé, il y a beaucoup, beaucoup plus grave que moi. Je m’estime heureux d’avoir une famille, que j’aime et qui me soutient, c’est rare, je suis chanceux.

Et j’ai ce blog, et évidemment, vous.

Je ne promets rien (ai-je jamais promis quelque chose sur ce blog ?), je ne sais comment le futur va se dévoiler, personne ne le sait d’ailleurs (ou peut-être que si, qui sait ?) mais voici un peu d’Hemingway avant de vous laisser :

Tout passe et tout lasse, les nations, les individus qui les composent, autant en emporte le vent. Il ne reste que la beauté, transmise par les artistes.

Une fois qu’écrire est devenu votre vice majeur et votre plus grand plaisir, seule la mort peut l’arrêter.


Ernest Hemingway

Faudra-t-il que j’atteigne le niveau d’écriture « infinitésimal » d’Hemingway pour me sentir satisfait, fier et enfin complet, que ce vide sidéral en moi soit enfin comblé ? Peut-être que c’est ce vide qui me fait avancer, paradoxalement.

J’écoutais une chanson d’Hozier : Arsonist’s Lullabye.

Dans cette chanson, il (le pyromane ou Hozier ? C’est ça aussi, la magie de l’Art, ne pas savoir…) chante :

Tout ce que vous avez c’est votre feu
Et l’endroit que vous avez à atteindre
N’apprivoisez jamais vos démons
Mais gardez-les toujours en laisse

Et pourquoi pas, même, les utiliser, nous nourrir d’eux, pour créer, pour évoluer, pour avancer… c’est risqué mais, comme le dit le proverbe anglais : Quand la vie vous donne des citrons, faites de la limonade.

Et pour une touche personnelle, je garde en tête cette phase d’Albert Londres, il faut « porter la plume dans la plaie ».

À très bientôt.

« Il jeta un coup d’œil amical à ses livres. C’étaient les seuls camarades qui lui restaient. »

Extrait de 
Martin Eden
Jack London

Jaskiers

Et si tout ça n’était pas réel ? (Hommage à Philip K. Dick et son Exégèse)

(Merci de prendre ce texte avec des pincettes, voir le titre de l’article et la vidéo qui vous attend à la fin.)

Bonjour, c’est moi. De retour, ou pas…

Il n’y a pas de retour dans un monde qui n’existe peut-être pas.

Je n’existe pas, ou peu. Vous non plus.

Vous lirez ce texte peut-être pour la centième fois. Pour la centième fois, vous vous plaindrez encore des fautes d’orthographe. Mais laissez-moi vous dire, il n’y a pas de règles. Rien de tout cela n’est vrai. Tout est un éternel recommencement.

La réalité, il faut en parler, car elle n’existe pas. Je le refuse.

Quand des gamins reçoivent des missiles sur la tête au lieu de la remplir de doux contes laissés par leurs sages aînés, je refuse cette réalité.

Je refuse, j’ai honte, d’être née dans un pays « libre », car cela veut dire qu’il y a des pays qui empêchent un être humain d’être lui-même.

Ce monde n’existe pas, non.

Écoutons un peu les gnostiques, dont certains sont persuadés que cette planète est une prison.

Et que dire de certains scientifiques de physique quantique, qui ont émis l’hypothèse que la mort, étant incompréhensible pour notre nature, notre cerveau nous ferait « sauter » de dimension à chaque fois que nous mourrons. C’est-à-dire : vous mourrez dans une dimension, mais vous êtes « transporté » automatiquement (comment ? Je ne sais pas, allez le leur demander à ces physiciens quantiques) dans une autre dimension, celle où vous ne mourrez pas, ou vous aurez juste le souvenir d’avoir frôlé la Grande Faucheuse.

Si la vie sur cette planète est éternelle, autant donner raison à ces gnostiques. Nous sommes des prisonniers.

La mort, c’est quoi au final ? Tout dépend de vos croyances. Mais arrêtez de vous mentir à vous-même, croyant ou non, au plus profond de vous, vous espérez qu’il y aura quelque chose après. Le Paradis, un Purgatoire, le Cosmos, Dieu(x), vos proches disparus, quelque chose d’autre, ce que vous voulez, désirez ardemment.

Si vous réalisiez que la réincarnation était réelle, résigneriez-vous pour une nouvelle vie ?

(I don’t wanna be buried, in the Pet Semetary/ I don’t wanna live my Life again – Ramones)

Et si tout ça était un long rêve… ou plutôt un cauchemar. Tout est possible. C’est ça qui est terrifiant, car nous n’avons aucunes réponses à toutes ces questions.

Dans la culture des Natifs (Indiens) Américains, les extraterrestres sont à l’origine de la vie sur Terre. Leurs ancêtres ont peint sur les roches des canyons à quoi ressemblait ces Aliens, ces messagers, il y a de ça des milliers d’années…

Peut-être sommes-nous les rejetés d’une civilisation avancée qui a décidé de se débarrasser de leurs éléments les plus problématiques sur une planète parfaitement viable à la vie humaine. Et nous leur prouverions que oui, nous ne méritons pas de vivre dans l’harmonie, car nous ne créons que Chaos.

Ou sommes-nous seulement dans une simulation, dans l’ordinateur de notre créateur. Toute notre vie est déjà décidée, chaque parole émises prévues, chaque mouvement programmé, chaque pensée une illusion d’un libre arbitre qui n’est qu’un code binaire (ou autre, je n’en sais rien, je ne suis pas ingénieur informaticien non plus).

À quoi rime la vie, au final ? Mangez, boire, dormir, travailler, faire l’amour (et/ou), la guerre, déféquer et puis ?

La vie est un éternel recommencement car nous tournons en rond, en pensant que nous allons de l’avant, que nous sommes des inventeurs, des génies, que le futur est pour nous. Mais non, car l’Histoire se répète, un recommencement incessant, nous ne sommes qu’un rouage, un tout petit, dans l’immense connerie de l’Humanité.

Création de machines de mort, engins de malheurs, mécaniques de la torture physique et psychique, abrutissement, dépersonnalisation..,

Combien d’innocents sont morts sous les bombes depuis que vous lisez ce texte ? Quelques minutes avant, ils respiraient, aimaient, se projetaient, pensaient, espéraient et puis, plus rien.

La vie est-elle fragile ou futile ? Pour certains, elle n’est rien, car ils ne se à risquent rien. Ils préfèrent le Statu Quo, car, faire bouger les lignes, c’est risquer de perdre.

Et si les Dieux de toutes les religions existaient vraiment ? Et si ces êtres extraordinaires étaient en fait des extraterrestres venus nous montrer un chemin clair à prendre ? Et si tout ce qui nous a été conté sur eux, leur soit-disante lois à suivre, pour une vie éternelle, avaient été détournées par l’Homme pour contrôler ses semblables ? Le message des Dieux ayant disparu, au profit de la mécanique machiavélique de l’Humanité ?

Nous vivons dans les mots d’un écrivain de science fiction. -Philip K. Dick

L’Homme est un loup pour l’Homme. Sommes-nous donc sur cette Terre pour souffrir et faire souffrir l’autre ? Car, de toutes les sensations que nous avons ressenties dans nos vies jusqu’ici, je parierai que c’est la souffrance qui prédomine.

Le bonheur n’existe pas, ou peu. Et dans notre monde, il faut souffrir, se sacrifier pour l’atteindre (ou le frôler, comme la plupart du temps, en fait). De Facto, le bonheur est un malheur bonifié.

Qui suis-je pour écrire des inepties pareilles ? Qui êtes-vous, vous qui lisez cet article ? Qui sommes-nous pour juger ? Tout le temps, nous sommes dans le jugement, de soi, d’autrui. Nous nous comparons ; « c’est humain ». C’est bien, le jugement, car cela nous fait tourner en rond. Notre spécialité. Un être jugé n’est pas un être qui ne va pas recommencer, seulement, il fera attention de ne pas être vu. Car pas vu, pas jugé. Pas vu, pas pris, n’est-ce pas ?

Admettons-le, nous sommes des Monstres. Ceux sous nos lits n’existent pas, car ces monstres sont SUR le lit, c’est vous et l’autre.

Pendant que des milliardaires font des voyages dans l’Espace, un gamin regarde le ciel, en se demandant quelle étoile lui envoie des obus.

Ce milliardaire a le pouvoir d’arrêter ces « étoiles » de tuer. Mais ce serait trop simple, d’intervenir, de faire parler l’argent, car il est maître ici-bas. La guerre, rien de mieux pour se faire des millions. Trop dangereux d’aider son prochain. Un Homme à terre, on peut l’utiliser, l’user, le manipuler plus facilement qu’un Homme se tenant sur ses deux pieds. D’ailleurs, la tête dans la poussière, il continuera à contribuer à votre richesse. Vous avez gagné le grand jeu de société dans lequel nous vivons. Plus vous pouvez asservir d’Homme, plus riche vous serez. Qu’Ils perdent leur temps à vous faire devenir riche.

Vous devriez regarder l’art produite par les personnes sous psychédéliques. Vous noterez cette sorte de grille, fine, subtile, mais très souvent présente dans ces créations… Est-ce notre cage ?

Qui nous empêche d’en sortir ? Nous-mêmes. La « société ». Sortir de cette matrice, serait, peut-être, échanger un enfer pour un autre, n’est-ce pas ? Mieux vaut un enfer que nous connaissons, qu’un que nous ne connaissons pas…ou bien, c’est derrière cette cage invisible que se situe notre Salut.

Le temps est venu pour vous de retourner à vos occupations, les élucubrations d’un tout nouveau trentenaire perdu, qu’est-ce que c’est emmerdant n’est-ce pas ?

Continuons à creuser nos tombes, chacun de notre côté, en espérant se revoir (ou pas) de l’autre côté.

Si vous pensez que ce monde est mauvais, vous devriez voir les autres – Philip. K. Dick

Conférence hallucinante de Philip K. Dick à Metz en 1977 :

Jaskiers

Je reviens bientôt (4 ans déjà !)

Cela fait quelque temps que je n’ai pas posté d’article sur le blog. Mais ça ne veut pas dire que je n’écris pas. En fait, j’ai même repris l’écriture.

Cela fait déjà un an, un peu plus même, que je n’écrivais que très peu, et que je lisais presque plus…

Je pense que cette pause, presque inconsciente, a été salvatrice. Il me fallait m’écarter un peu du monde de la littérature, voir et découvrir d’autres choses. J’ai même douté, douté de l’écriture et la lecture. Sans les abandonner complètement, car au fond de moi, je pense que la littérature a installé et ancré ses fondations.

Une grosse baisse de régime, peut-être que c’était ça. Un besoin de m’éloigner pour rallumer la flamme de la passion. C’est en s’éloignant, mettre de la distance envers quelque chose, quelqu’un, que l’on réalise, après un temps, que nous l’aimons. Nous retrouvons les raisons de cette passion, et nous la chérissons, encore plus que la première fois, avec plus de sagesse.

Cette année a été corsée pour moi, elle n’est pas terminée et semble ne pas vouloir me lâcher. Depuis le 1er Janvier 2024, j’ai subi un choc, je ne peux aller dans les détails. J’ai souffert, et je souffre encore maintenant. Vous avez aussi pu suivre mes péripéties, en partie, ici, avec ma double fracture de la main droite, entre autres. Elle a mis du temps à guérir, mais c’est fait. J’ai parfois mal quand le temps change, mais ça me rappelle que j’ai vécu ça, et que tant bien que mal, j’ai continué à aller de l’avant.

Je relativise aussi. Je ne reçois pas de bombes sur la tête, et ma famille est là. Je ne m’informe que très peu sur l’actualité, car cette dernière est anxiogène à souhait. Des horreurs, des drames, des innocents qui meurent sous les missiles tous les jours… je crois qu’il faut être un peu nihiliste pour continuer à vivre malgré tout cela. Il faut bien se protéger, comme le disait Nietzsche : Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abime, l’abime te regarde aussi.

Tant de haine, de violences… je me demande à quoi on servit ces millions de morts de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale, le sacrifice des soldats Alliés, des résistants, des gens de tous les jours agissant courageusement, héroïquement, pour que les générations futures ne vivent pas dans la haine, la peur de l’autre, la méfiance, la violence. J’aimerais m’excuser envers eux, je ne semble n’avoir que des mots, qu’un blog, pour exprimer mon désarroi. Ce n’est rien, que des mots, comparé à leurs actes concrets, qui a coûté la vie à nombre d’entre eux. Je voudrais leur dire que, malheureusement, la haine est tenace, et les massacres et crimes contre l’humanité continuent. Leurs sacrifices, cependant, ne doivent pas être vain. En tant qu’artiste, je ne peux que créer, protester. J’ai mes limitations. Je n’ai pas mon corps à offrir, et mon esprit est trop fatigué pour lutter énergiquement.

Concrètement, je n’ai que ce clavier, mes mots, les œuvres des autres, pour m’évader, pour essayer de comprendre ce monde…

Cela dit, j’écris beaucoup ces derniers temps. Je laisse mes textes se reposer, pendant que j’en écris d’autres, puis je les retravaillerai pour les poster ici. J’ai même en projet de faire du blog quelque chose de plus sérieux. Cela fait 4 ans (déjà) que j’ai ce blog, et c’est l’une des choses les plus positives de ma vie. Simplement car je peux m’y exprimer, créer, être moi, partager et rencontrer des personnes que je ne peux rencontrer dans la vie de tous les jours.

Beaucoup des prochains articles sont personnels, leurs lectures pourront être un peu… alarmantes ? Inquiétantes ? Ne vous alarmez pas, écrire est bien l’une des choses qui m’empêchent de sombrer.

J’écris aussi de la fiction. Et comme souvent, mes histoires tendent à pencher du côté science-fiction (mais pas que…). Beaucoup de ces histoires ont été inspirée par des livres, des films, la musique, jusqu’aux jeux vidéos. J’ai besoin de la fiction, de quelque chose de différent de cette réalité, pour continuer à avancer. Et je peux vous garantir que cela est le cas pour vous aussi. Vous avez besoin de déconnecter, de découvrir d’autres mondes, univers, pour accepter la réalité. J’espère que mes textes de fictions vous permettront de vous évader un peu. Même, si je ne vous le cache pas, et vous en avez l’habitude, mes textes peuvent être parfois… difficiles à encaisser, car violents, brut de décoffrage. Rien n’est simple, n’est-ce pas ? Même dans l’art, dans la création. Mais tant mieux, car nous avons un certain contrôle sur ce que nous créons, contrairement à notre vie quotidienne. L’Art, c’est aussi le contrôle, n’est-ce pas ?

L’envie d’écrire est revenue. C’était assez magique de ressentir ce retour. Une balade dans une rue, ou sur un chemin, redevient une potentielle histoire. L’odorat, la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, tout redevient important, tout semble avoir repris un certain sens, que je peux transcrire via l’écriture. Une infinité de dimensions, juste sous mon stylo, sous mon clavier. Et je suis ici pour le partager.

Merci à vous d’avoir lu, d’être là.

À très bientôt

P.S. : Mes lectures cette année, jusqu’ici, Le joueur d’echec de Stefan Sweig, Le journal d’Anne Frank, The doors of Perception d’Aldous Huxley, Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo, La Métamorphose de Franz Kafka, Paroles de Poilus de Jean-Pierre Guéno, La ferme des animaux de Georges Orwell, La sagesse selon Confucius, Laurie de Stephen King. Actuellement, je suis en pleine lecture de Martin Eden de Jack London. Et j’aime m’identifier à ce Martin, même si je suis un peu trop vieux maintenant…

Jaskiers

[Article de 2020] Un hasard heureux ?

Cette article date de 2020… J’ai appris la nouvelle le matin même de sa mort et j’ai eu un peu mal au coeur. Voici un des deux articles que j’avais posté en 2020. Une page ce tourne, encore une après Belmondo. Mais la beauté, elle, reste. Au fait revoir Monsieur Delon

Hier, j’ai posté un article rempli de photographies et de gif d’un jeune Alain Delon. Ce soir en faisant les courses et en passant devant le rayon magazine, je tombe sur un France Dimanche hors-série sur LE MONSIEUR !

Un heureux hasard ? Oui ou non, j’ai 225 photos exclusives de Delon à regarder alors à la prochaine !

Jaskiers

Existe-t-il une crise de la trentaine ?

Je vous présente… je n’ai pas encore de nom pour ces deux dames en fait…Je suis ouvert à toute suggestion !

L’électrique est un Yamaha Pacifica, idéal pour les débutants à la guitare (je ne suis pas un débutant, j’ai les bases, mais c’est ma première électrique). La deuxième est une électro-acoustique Washburn achetée en déstockage (presque -50% !). Cette dernière a été la première arrivée entre mes mains, les callosités à la main gauche sont dû à elle.

Ah oui, ma main droite dans tout ça ?

Hey bien, j’ai enlevé ma syndactylie quand je me suis senti prêt, et depuis, fais ma propre rééducation. J’ai totalement perdu confiance en ma main droite, elle tremble beaucoup, j’hésite a l’utiliser pour me lever par exemple, car elle me fait encore un peu mal.

Dois-je parler du climat politique ? En France, en Europe mais aussi au U.S. ? Le ciel s’assombrit, partout. Nous retournons dans nos travers, ceux qui ont amené à tant d’horreurs. L’Histoire se répète, n’apprendrons-nous donc jamais ?

Je lis, 5 minutes par jour. Sur ma tablette. La pratique de la guitare a pris la place de la lecture.

Car la musique, j’en ai tellement besoin. Je n’arrive plus à me concentrer pour lire correctement. Je peux cependant jouer mes cordes et accords, en fermant les yeux, et je pars dans mes propres voyages.

La vie est étrange. En début d’année, je dessinais des Poilus, et maintenant je suis sur mes guitares.

Ou bien c’est moi qui suis étrange.

Merci à vous pour ce soutien depuis le début d’année. La dose de positivité, de gentillesse reçue ici m’a été précieuse, et l’est encore.

Je ne sais encore ce que va être la suite, le prochain chapitre du blog. J’ai encore quelques textes qui datent maintenant de presque 2 ans, mais je n’ai pas envie de les relire… pas envie de les remanier… de les retravailler. J’ai encore pas mal de dessin à vous montrer, mais je suis fatigué et surtout, j’ai peur de ne plus dessiner comme je pouvais le faire avant mes fractures.

J’ai envie d’écrire, mais sur la musique, les musiciens, comme peut le faire mon ami Alan Mabden sur pigrai.com, je vous conseille fortement de le suivre, vous ne le regretterez pas.

Écrire de la fiction sur la musique, comme j’ai essayé de le faire avec Billie Holyday, peut-être ?

Si vous êtes un lecteur de très longue date, le poster de Nirvana ne vous surprendra pas (d’ailleurs Cobain a le même regard qu’a dû avoir ma banquière quand elle a consulté mon compte ce mois-ci). Kurt, Dave et Krist m’ont aussi aidé dans cette période difficile. Avec d’autres artistes évidemment, mais Kurt, et son histoire, ont une place spéciale dans mon cœur.

Je ne sais ce que la suite du blog réserve. Peut-être aussi car je ne sais pas ce que la suite me réserve. J’aimerais juste vous emmener dans d’autres mondes, d’une manière ou d’une autre.

Encore merci pour tout,

À très bientôt, je l’espère…

(Et n’oublier pas de laissez vos suggestions, ces guitares ont besoin d’un petit surnom…)

Jaskiers

Génération Perdue #35 |Visions

« Je monte sur la banquette de tir et regarde ce morceau de terrain entre nos premières lignes : maintes fois retourné, jonché de bois et de fils de fer barbelés auquels sont restés accrochés des morceaux d’étoffe bleue, rouge ou grise, de corps sur lesquels courent d’énormes rats, se posent des oiseaux qui repartent avec des morceaux de chair humaine. »

Éric Viot, « Les Blessures de l’âme ».

Jaskiers

Génération Perdue #34 |La peur…

« J’ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans povoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter…voila !
C’est tout…?
Non ce n’est rien , je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : J’AI EU PEUR .
 »

Gabriel Chevallier, La Peur.

Dessin inspiré par celui d’André Dunoyer de Segonzac intitulé « Soldat Endormi ».

Jaskiers

Génération Perdue #33 |Agonie

« Nous entrons en agonie. »

L’attaque est certaine (…). Surtout je ne dois pas penser… Que pourrais-je envisager ? Mourir ? Je ne veux pas l’envisager. Tuer ? C’est l’inconnu, et je n’ai aucune envie de tuer. La gloire ? On n’acquiert pas de gloire ici, il faut être plus en arrière. Avancer de cent, deux cent, trois cent mètres dans les positions allemandes ? J’ai trop vu que cela ne changeait rien aux événements. Je n’ai aucune haine, aucune ambition, aucun mobile. Pourtant je dois attaquer (…).

Je me souviens que j’ai vingt ans, l’âge que chantent les poètes… »

« La Peur » (Avant l’attaque) – G. Chevalier

Reproduction du dessin (de propagande) de Maurice Neumont :